Chapitre 2 : Direction Denver
Elle me raconta alors tout ce que je voulais savoir. Tout sur ce monde qui était bel et bien réel. Toutes ces créatures que l’on croit sorties de l’imagination de certaines personnes, existent vraiment, mais certaines personnes se sont frottées un peu de trop près à un monde qui n’était pas le leur. En voulant raconter leur découverte, les humains les ont soit pris pour des fous, soit pour des personnes à l’imagination débordante. Les hauts dirigeants de chaque espèce font en sorte de régler les différents, afin que notre existence ne soit jamais révélée aux humains. Jamais on ne doit faire de faux pas en leur présence, ne jamais révéler notre identité. C’est ce que ma mère n’arrêtait pas de me répéter. Notre monde est un monde de secret, si nous voulons continuer à exister et à vivre dans la paix, nous devons garder le secret.
J’étais encore sous le choc de cette merveilleuse découverte lorsque nous nous engouffrâmes dans la voiture et partîmes dans une direction qui m’était encore inconnue. Je ressassais les informations que j’ai du digérer en quelques heures. Je suis invincible. Mes parents ont aussi des pouvoirs. Nous sommes une espèce appelée les « protecteurs ». Nous avons été créés après la plupart des créatures peuplant cette planète pour protéger les humains de ces créatures. Ces créatures qui sont entre autres les vampires. Les vampires existent alors ? Cela me fit froid dans le dos.
- Oui ma chérie, mais ne t’inquiète pas, les invincibles chez nous sont aussi forts qu’eux.
- Forts ?
Pourquoi mon père me parle-t-il de force ?
- Ah oui, tu n’as pas encore découvert tout tes pouvoirs ma chérie. En fait les pouvoirs dont on t’a parlé sont des pouvoirs spéciaux, chaque protecteur en reçoit un à sa maturité. Ta maturité à toi a du arriver tard parce que maintenant que ton pouvoir est actif, tes cellules ne vieilliront sans doute plus, et pour la nature, c’est assez dur de protéger quelqu’un lorsque l’on est un bébé. Moi, mes parents on découvert mon pouvoir alors que je flottais au dessus de mon berceau, étant bébé. Mais en plus de ca, nous avons une force hors du commun, une agilité digne d’un chat et une vitesse qui peut bien souvent dépasser celle d’une voiture ! Nous en avons besoin pour pouvoir combattre les autres créatures s’il le faut. Nos pouvoirs suffisaient il y a quelques siècles, mais avec le temps, les autres créatures se sont adaptées à nous et ont également développé des pouvoirs. Alors de notre coté, nous avons également évolué et nous avons acquit une force de plus en plus importante avec les années.
- Alors en plus de ne pas pouvoir être blessée, je suis très forte, très agile et très rapide. Pourtant je n’en ai pas l’impression, mon bagage avait l’air très lourd quand même ! Riais-je.
- Ca viendra, ma puce, me rassura ma mère, tu viens à peine de découvrir ton pouvoir principal, les autres suivront !
Je n’en revenais pas. Mais comment allais-je faire ? Est-ce que je pourrais aller encore au lycée ? Cette question me parut de plus en plus importante au fil du trajet que je me décidai à la poser tout de même.
- Mais dites-moi, est ce que je pourrais quand même aller au lycée ? Je veux dire, je n’ai pas fini mon année de Première ici, et même si je ne suis pas très sociable, l’ambiance du lycée me plait quand même et j’aime bien étudier…
- Bien sur ma chérie, mais il faudra d’abord que tu apprennes à maitriser tes pouvoirs, principalement la force qui est plutôt involontaire et aussi par rapport à tes blessures. Si tu te coupe et que tu saigne, mais que les autres ne voient pas de plaie, ca va être dur à expliquer, donc il va falloir être prudente avec ca.
Je commençais enfin à voir le mauvais coté des choses. Se cacher. Ne rien dire. Vivre seule.
C’est ainsi que depuis deux mois, nous nous sommes installés dans un petit village près de Denver, dans le Colorado. Nous étions alors au mois de mars, et pour moi il était temps que je change d’air. Je ne suis pas allée au lycée depuis que nous avions quitté Phoenix, et cela me manquait. Mais je savais que nous ne pourrions pas retourner en Arizona, surtout par peur d’éveiller des soupçons. Les gens doivent uniquement se dire que ce qui s’est passé ce 17 janvier n’était qu’un petit accident avec une fille chanceuse qui s’en est tiré.
Je sortais de ma chambre après avoir fini un livre, de mathématiques pour ne pas avoir à rattraper trop de choses lorsque je retournerais au lycée, et je me dirigeais vers la cuisine où ma mère était en train de préparer le diner.
- Maman, est ce que je peux t’aider ? Lui demandais-je innocemment.
- Bien sur ma chérie, tiens met la sauce avec la viande.
Je m’activais tout en pensent à la façon de lui parler de mon envie de retourner dans la vie « normale ». Le mot normal me semblait si étranger tout d’un coup. Je n’étais plus normale, je n’étais plus banale. J’étais spéciale.
- Heu maman, je voulais te parler de quelque chose, lui dis-je en espérant que ma voix semble assurée.
Il n’en était rien, j’avais peur qu’elle ne me croit pas prête à affronter le monde avec ma nouvelle identité.
- Tu voudrais partir d’ici, non ?
J’eu l’impression qu’elle lisait dans mes pensées un instant. Le sourire sur son visage me permis de respirer un bon coup. Elle avait confiance en moi.
- Je me sens prête et le lycée me manque. J’ai l’impression d’être une recluse de la société depuis que nous sommes partis de Phoenix. Je voudrais retrouver un semblant de vie normale.
- Je te comprends ma belle, et si tu te sens prête alors il n’y a pas de problèmes. Tu as toujours été une fille très mure et je suis sure que tout ira bien, me dit-elle en me posant un léger baiser sur ma joue.
Après une longue discussion avec mon père, qui me faisait autant confiance que ma mère mais qui avait peur pour moi, nous avons pris la décision de partir de Denver. Et ce qui m’enthousiasma le plus, c’est qu’ils me laissaient le choix de la destination, enfin, à peu près. L’état pour moi et eux choisiraient la ville.
D’après eux, il nous faudrait un endroit plutôt isolé, histoire qu’une histoire soit vite enfuie. Nous étions au centre des Etats-Unis, et je pensais qu’une visite sur une des cotes ne nous ferait pas de mal. La distance n’importait pas mes parents, pour eux un nouveau départ n’a pas de limites. Los Angeles m’a toujours attiré, mais je ne me sentais pas le courage d’aller là bas pour mes premiers moments de « protectrice » comme nous nous appelons. New York m’intéressait aussi, mais je préférais tout de même choisir un endroit plus simple pour un début. Ce sont des endroits que j'ai vraiment envie de visiter un jour, et je ne veux pas qu'un incident m'en empêche.
C’est alors que je vis l’Etat de Washington au nord ouest du pays sur le globe que mon père triturait entre ses doigts. Un coin, avec accès au Canada, moi qui ai toujours rêvé d’aller y séjourner un bout de temps, cela me semblait parfait. En espérant que mes parents acceptent d’y trouver une petite ville tranquille.
- Hum Washington, ca me parait bien, non ?
- C’est vrai ? Tu sais que ton père à une maison la bas ? C’est une drôle coïncidence que tu aie choisi cet état ! Rigola ma mère.
- Ah oui ? Et c’est dans quelle ville que tu as une maison mon papounet ? Lui demandais-je en lui faisant un « bisou pet » sur la joue.
- Forks, c’est une petite ville très simple, un peu plus de 3000 habitants, on y a habité avec ta mère lorsque l’on s’est rencontré, ca me parait parfait !
- Génial, au moins on est d’accord là-dessus ! M’écriais-je. Et quand est ce que l’on peut partir ?
- Que dis-tu de ce week end ? Nous prendrons une semaine pour nous installer et t’inscrire au lycée et tu y iras le lundi suivant, est ce que ca te va Bella ? S’enquit ma mère.
- C’est parfait ! Merci à vous deux, je vous aime, leur lançais-je en montant les escaliers 4 à 4 vers ma chambre.
Je m’allongeais sur mon lit en regardant vers le plafond. Mon ancienne vie me manquait tout de même. Etre insouciante, libre. Même si j’ai pu en rêver des nuits entières, une fois dedans tout ne semble plus si rose. Tellement de silence, de secrets, de responsabilités à assumer. Sans m’en rendre compte, je pleurais. Des larmes d’adieu à ma vie d’avant sur laquelle je devais mettre un terme, définitif.
